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Airbnb est-il légal au Maroc ? Ce que dit la loi sur la location courte durée en 2026

La location courte durée est autorisée au Maroc en principe, mais la loi n° 80-14 la soumet à une autorisation d'exploitation, une assurance et la déclaration quotidienne des clients à la police. Le problème en 2026 : selon Le360, le cahier des charges requis pour demander une licence n'était toujours pas publié en mai 2026, et la plupart des hôtes particuliers opèrent en zone grise. Sans autorisation : 50 000 à 500 000 DH d'amende.

Points clés

  • La loi n° 80-14 soumet toutes les « autres formes » d'hébergement touristique, y compris l'accueil de touristes chez soi, à une autorisation avec cahier des charges (loi 80-14, art. 30).
  • Ouvrir ou exploiter sans l'autorisation requise est puni de 50 000 à 500 000 DH d'amende, doublée en cas de récidive dans les cinq ans (loi 80-14, art. 43 et 50).
  • Ne pas déclarer ou archiver ses clients est puni d'un à six mois de prison et/ou de 50 000 à 100 000 DH d'amende (loi 80-14, art. 48).
  • Les clients sont déclarés en ligne chaque jour avant 8 h à la Sûreté nationale (DGSN) ou à la Gendarmerie royale, et leurs bulletins signés gardés un an (décret 2-15-865 ; loi 80-14, art. 38).
  • En mai 2026, le cahier des charges nécessaire pour demander une licence de location courte durée n'avait toujours pas été publié (Le360).
  • La loi 80-14 ne fixe aucun plafond annuel de nuitées louées (texte de la loi au Bulletin officiel).
  • Sont nulles les clauses limitant l'usage des lots, sauf celles fondées sur l'affectation de l'immeuble, ses caractéristiques ou sa situation (loi 18-00 sur la copropriété, art. 9).

Que dit la loi marocaine sur la location type Airbnb ?

Le texte de référence est la loi n° 80-14 relative aux établissements touristiques et aux autres formes d'hébergement touristique. Elle distingue les établissements classés (hôtels, maisons d'hôtes, riads et autres catégories de l'art. 3) de trois « autres formes » d'hébergement définies à l'art. 29 :

  • Bivouac : campements temporaires pour touristes.
  • Hébergement chez l'habitant : un particulier accueille des touristes dans le logement où il est domicilié, avec un nombre maximal de chambres fixé par règlement.
  • Hébergement alternatif : formes ne relevant d'aucun type défini, aménageables en montagne, dans le désert ou sur tout autre site d'intérêt touristique.

Chacune exige une autorisation avec cahier des charges (art. 30) et une assurance incendie, vol des effets des clients et responsabilité civile (art. 34). Selon Bladi et Le360, le décret d'application n° 2.23.441 de 2023 permet aux autorités locales de délivrer ces autorisations après avis des services concernés.

Notre lecture, sans valeur d'avis juridique : un appartement ou une villa loué en entier, le propriétaire vivant ailleurs, n'entre clairement dans aucune catégorie, car l'hébergement chez l'habitant suppose le domicile de l'hôte. Demandez à un avocat ou à un notaire comment votre bien serait qualifié.

Un particulier peut-il obtenir une licence de location courte durée en 2026 ?

Pas par une procédure publiée, à notre connaissance. En juin 2025, le gouvernement a publié cinq arrêtés réformant le classement de l'hébergement touristique ; ceux sur l'hébergement chez l'habitant et alternatif restaient à venir (maroc.ma). En mai 2026, Le360 rapportait que le cahier des charges requis pour demander une licence n'était toujours pas publié, et citait Nawfal Bellakhdar, pour qui les exploitants travaillent de manière anarchique.

Certains sites affirment que les licences relèvent des centres régionaux d'investissement et durent cinq ans ; nous n'avons trouvé aucun texte officiel le confirmant. L'art. 30 renvoie ces deux points à la réglementation.

D'autres règles pourraient suivre. En janvier 2026, le secrétaire d'État à l'Habitat, Adib Benbrahim, annonçait en préparation un décret encadrant les immeubles affectés à la location courte durée (Morocco World News) ; nous n'avons pas pu confirmer son adoption en octobre 2026. Déclaration des clients, assurance et obligations fiscales s'appliquent déjà.

Comment déclarer ses clients à la police ?

Chaque jour, en ligne, avant 8 h. Selon les art. 36-37 de la loi 80-14, l'exploitant vérifie la pièce d'identité de chaque client à l'arrivée, lui fait signer un bulletin individuel d'hébergement, puis télédéclare les données.

  • Quand : chaque jour avant 8 h, après les arrivées et les départs (décret 2-15-865 du 9 juin 2016, art. 1).
  • À qui : la Sûreté nationale (DGSN) ou la Gendarmerie royale.
  • Comment : inscription sur le portail STDN (stdn.ma) et obtention d'un certificat d'authentification ou d'une clé de sécurité (arrêté conjoint 3171-16 de 2017).
  • Archives : bulletins signés conservés un an et présentés sur demande (art. 38).

Nous n'avons pas pu confirmer que le STDN accepte les hôtes sans autorisation loi 80-14. L'art. 38 suggère aussi que les locations meublées hors loi 80-14 relèvent d'un dahir de 1932 imposant registre des clients et fiches de police.

Quelles amendes, et quels chiffres faux circulent en ligne ?

Le texte du Bulletin officiel prévoit des sanctions plus lourdes que ne le disent la plupart des guides :

  • Pas d'autorisation (art. 43) : 50 000 à 500 000 DH.
  • Pas d'assurance (art. 44) : 50 000 à 500 000 DH, ramenés à 10 000 à 100 000 DH pour l'hébergement chez l'habitant ; fermeture judiciaire possible jusqu'à six mois.
  • Clients non déclarés ou non archivés (art. 48) : un à six mois de prison et/ou 50 000 à 100 000 DH.
  • Récidive dans les cinq ans (art. 50) : sanctions doublées ; pas de circonstances atténuantes sur les amendes (art. 49).

Beaucoup de blogs affirment qu'exploiter sans autorisation coûte 10 000 à 50 000 DH selon l'art. 42. C'est doublement faux : l'art. 42 prévoit un avertissement puis un blâme pour certains manquements, puis 50 000 à 100 000 DH d'amende s'ils persistent ; 10 000 à 50 000 DH, c'est l'amende de l'art. 46 contre les éditeurs de guides touristiques trompeurs.

Pas de plafond de 120 nuits non plus : la loi 80-14 ne fixe aucune limite annuelle, et nous n'avons trouvé aucune source primaire en ce sens.

Faut-il payer la taxe de séjour et l'impôt sur les revenus Airbnb ?

L'impôt sur le revenu, oui ; les taxes touristiques, rien de certain pour les particuliers. Les établissements classés perçoivent une taxe de séjour communale de 3 DH par personne et par nuit (une et deux étoiles) à 30 DH (hôtellerie de luxe), plus une taxe de promotion touristique de 2 à 15 DH (Hespress, avril 2026). Aucun tarif confirmé à notre connaissance pour les locations entre particuliers ; la ministre du Tourisme a annoncé en 2023 une taxe sur les séjours chez l'habitant (Le360).

Les non-résidents sont imposés sur leurs revenus de source marocaine, loyers compris (CGI, art. 23). Un loyer n'est revenu foncier que s'il n'est pas revenu professionnel (art. 61) ; or les praticiens traitent la location meublée ou avec services comme professionnelle, ce qui fait perdre l'abattement de 40 % des locations nues. L'hébergement relève aussi de la TVA à 10 % (art. 89 et 99) ; son application à un hôte particulier reste à vérifier. Voir notre guide fiscal de l'immobilier.

Aucune disposition du CGI 2026 n'oblige Airbnb ou Booking à déclarer les revenus des hôtes, mais les paiements laissent des traces : en 2024, les autorités ont contrôlé les revenus Airbnb à Casablanca, Marrakech, Essaouira et Tanger, et trouvé des hôtes encaissant plus de 100 000 DH par mois (Hespress). Information générale : faites valider votre situation par un notaire ou un conseiller fiscal.

La copropriété peut-elle interdire la location courte durée ?

Parfois : vérifiez avant d'acheter. L'art. 9 de la loi 18-00 sur la copropriété répute nulle toute clause limitant l'usage des lots, sauf les restrictions fondées sur l'affectation de l'immeuble, ses caractéristiques ou sa situation. Un règlement de copropriété réservant l'immeuble à l'habitation pourrait donc fonder une restriction : dire qu'« aucun syndic ne peut interdire Airbnb » va trop loin. Les blogs citent souvent l'art. 12, qui porte en réalité sur la forme des actes.

D'autres articles protègent les propriétaires. L'assemblée générale ne peut imposer à un copropriétaire de modifier l'affectation de son lot ou ses conditions de jouissance (art. 23), et chacun peut user de son lot et le louer selon son affectation, sans nuire aux autres (art. 31). Le locataire est tenu par le règlement : demandez-le avec les documents du titre.

Location courte durée : la check-list de conformité

  • Lire le règlement de copropriété avant d'acheter ou d'annoncer le bien, pour repérer les restrictions d'usage.
  • Demander à l'autorité locale si elle reçoit les demandes d'autorisation ; garder une preuve écrite de toute demande.
  • S'assurer contre l'incendie, le vol des effets des clients et la responsabilité civile (art. 34).
  • Vérifier la pièce d'identité de chaque client et lui faire signer un bulletin individuel d'hébergement.
  • Déclarer les clients en ligne avant 8 h chaque jour, garder les bulletins un an ; si le STDN refuse votre inscription, demander par écrit à la police locale comment déclarer.
  • Déclarer les revenus chaque année, garder les relevés de la plateforme et demander à un conseiller fiscal s'il s'agit de revenus fonciers ou professionnels.
  • En cas d'achat en devises, garder la preuve bancaire : elle fonde votre droit de transférer les loyers à l'étranger (voir la réglementation des changes).

Location courte ou longue : comparez dans notre guide des rendements locatifs.

Sources

Questions fréquentes

Faut-il une licence pour louer sur Airbnb au Maroc ?

Oui, en droit. La loi 80-14 exige une autorisation pour l'hébergement chez l'habitant et l'hébergement alternatif (art. 30), et exploiter sans elle expose à une amende de 50 000 à 500 000 DH (art. 43). En pratique, Le360 rapportait en mai 2026 que le cahier des charges requis pour demander une licence n'était toujours pas publié : la plupart des hôtes particuliers ne peuvent donc pas encore en obtenir.

Y a-t-il une limite de nuits pour la location courte durée au Maroc ?

Non. La loi 80-14 ne fixe aucun plafond annuel de nuitées, et nous n'avons trouvé aucune source primaire pour la limite de 120 jours par an citée par certains sites de location. Faute d'avoir pu vérifier la version arabe du décret d'application de 2023, surveillez les règles à venir, notamment le décret sur les immeubles de location courte durée annoncé en janvier 2026.

Un couple non marié peut-il séjourner dans un Airbnb au Maroc ?

Aucune loi n'oblige les hôtes à exiger un acte de mariage : le ministre de la Justice, Abdellatif Ouahbi, l'a affirmé au Parlement en 2024, selon Hespress et Bladi.net. L'article 490 du Code pénal punit toujours les relations sexuelles hors mariage, et certains exploitants demandent encore une preuve de mariage aux couples marocains.

Airbnb transmet-il les revenus des hôtes au fisc marocain ?

Non, d'après les textes consultés. Le CGI 2026 n'oblige pas les plateformes d'hébergement à déclarer les revenus des hôtes. Les paiements restent traçables : en 2024, l'Office des changes et les ministères du Tourisme et de l'Intérieur ont contrôlé les revenus Airbnb dans quatre villes, et trouvé des hôtes encaissant plus de 100 000 DH par mois via des comptes et services de paiement à l'étranger, selon Hespress.

Les règles Airbnb vont-elles changer au Maroc avant la Coupe du monde 2030 ?

Probablement, mais rien n'était confirmé en octobre 2026. En janvier 2026, le secrétaire d'État à l'Habitat, Adib Benbrahim, a annoncé qu'un décret encadrant les immeubles affectés à la location courte durée était en préparation, et les arrêtés sur l'hébergement chez l'habitant et alternatif étaient encore annoncés comme à venir en juin 2025. Revérifiez les règles avant de louer pendant le tournoi.

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